Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

logo google analyticsJ'aime analyser, C'est ce qui a constitué jusqu'à présent une bonne part de ma vie professionnelle. Quand je me suis lancé dans l'édition d'un site web sur le cinéma numérique il y a une dizaine d'années, j'ai découvert l'incroyable richesse d'informations que peut fournir Google Analytics sur les profil et les pratiques des internautes. Alors que les études terrain destinées à étudier le comportement des consommateurs dans la vraie vie sont souvent très chères (enquêteurs, traitement des questionnaires,...), les pratiques sur internet peuvent être analysées avec des outils gratuits et de manière très fine (finesse à laquelle la RGPD a heureusement posé quelques limites).

 Après plusieurs année de pratique de Google Analytics sur mon propre site et une formation intensive à Google Tag Manger suivie de plusieurs stages pratiques, j'ai proposé il y a deux ans à une société d'études de financer des analyses d'audience sur les sites web de plusieurs cinémas pour en déduire des prestations adaptées à ce secteur. Nous nous avons quelques exploitants de jouer les cobayes.

J'étais ravi. Sur internet, la popularité du cinéma est immense : le site web d'un multiplexe d'une dizaine de salles draîne plusieurs centaines de milliers de visites par an alors que celui d'une PME réalisant un chiffre d'affaires équivalent n'en réalise souvent pas plus que quelques dizaines de milliers. Terrain d'observation idéal !

logo google tag managerNous avons réalisé toutes (?) les analyses possibles sur le comportement des visiteurs des sites testés pour en déduire les optimisations à apporter à leur ergonomie et leur contenu : quand un site engrange quelques centaines de milliers de visites annuelles et vend ses tickets en ligne, cela vaut a priori la peine de l'améliorer pour en tirer le meilleur rendement possible.

C'était la théorie mais ça n'a pas marché comme prévu.

Pourquoi ? J'ai deux explications. La première est que la vente de tickets de cinéma en ligne n'est pas encore un enjeu majeur pour les cinémas indépendants, soit la majorité des salles : le taux de vente en ligne (rapport entre le nombre de transactions et le nombre de visites) est encore largement inférieur à 10% alors qu'il est sensiblement plus élevé chez nos principaux voisins européens; plus de 30% en Grande-Bretagne par exemple. 

Qu'avons nous de moins que le Royaume Uni ? D'abord, c'est un pays où les spectateurs ont l'habitude d'acheter des tickets "numérotés" : ils paient plus ou moins cher en fonction de la place qu'ils veulent occuper dans la salle (au milieu, devant,...). Réserver à l'avance sur internet leur permet d'être sûrs d'occuper les places qu'ils souhaitent. Ce système de numérotation commence tout juste à venir en France (chez Gaumont-Pathé notamment).

Deuxième explication : en France, les places coûtent généralement plus cher sur internet que quand on les achète au guichet d'une salle de cinéma. C'est  l'inverse dans la plupart des autres secteurs marchands tlchargementmais les exploitants de salles ont pris l'habitude de majorer le prix des e-billets du montant de la commission que prélève l'intermédiaire chargé de gérer leurs transactions sur internet. Cette pratique qui peut paraître étonnante recule, mais plutôt lentement.

Une bonne part des exploitants de salles ne voient donc pas pour l'instant l'intérêt d'investir dans le marketing digital. Ca n'empêche que  les analyses que nous avons réalisées pendant un an apportent des enseignements d'une richesse incroyable. Je tiens à en donner quelques exemples sur ce blog en commençant par celui-ci. Il y en aura d'autres. J'espère qu'ils profiteront notamment aux exploitants de salles qui ne connaissent pas ou peu le marketing digital (des formations vont être mises en place en 2019 à l'instigation du CNC, l'organisme public de soutien au cinéma).